La consommation de vin en Suisse en 2025, expliquée simplement

La consommation de vin en Suisse en 2025, expliquée simplement

Combien de vin boit un Suisse en 2025 ?

37 bouteilles de vin tranquille par an, plus 22 verres de mousseux. Ça fait une bouteille tous les dix jours environ.

Il y a quinze ans, la courbe partait au-dessus de 40 litres par habitant. Elle est à 27,3. Ce n'est pas un accident de parcours, c'est une pente régulière qui dure depuis les années 1990.

Et la présidente de l'ASCV, Ursula Beutler, dit quelque chose d'important dans ce rapport : on ne reviendra pas en arrière. Jusque dans les années 1980, le vin accompagnait le repas de famille, tous les jours, sans y penser. Aujourd'hui il est devenu une boisson d'occasion — un moment choisi, pas un réflexe.

Traduction : on boit moins souvent. Donc quand on ouvre une bouteille, elle a intérêt à être bonne. La quantité baisse, l'exigence monte.


Pourquoi le vin suisse gagne du terrain

C'est le vrai scoop du rapport, et il est passé inaperçu.

Pendant que le marché total recule de 3,3 %, le vin suisse progresse : 79,2 millions de litres, +2,3 %. Le rouge suisse fait +4,1 %, le blanc reste stable autour de 40 millions de litres. Résultat, la part de marché du vin suisse grimpe à 37,5 %, deux points de plus qu'en 2024.

Mais regarde où cette croissance ne se passe pas. Chez les huit principaux grands distributeurs, les ventes de vin suisse ont reculé de 3 %. Ces enseignes ne pèsent que 29,1 % des ventes de vin suisse. Le reste part ailleurs : restauration, vente directe, cavistes, e-commerce.

Le vin suisse ne gagne pas grâce au rayon du supermarché. Il gagne malgré lui.

Le rouge recule, les bulles montent

Côté vins importés, le glissement est net.

Catégorie 2025 Sur dix ans
Rouge en bouteille 78,6 mio d'unités, −9 % −24 %
Blanc en bouteille 29 mio d'unités, stable +13 % depuis 2015
Mousseux 30 mio de bouteilles, +2 % seule catégorie en croissance

Il y a dix ans, le rouge représentait 69 % des importations. Il est à 59 %. Le mousseux et le blanc ont pris la place.

Pourquoi ? Trois raisons qui se cumulent. On mange différemment : moins de plats mijotés, plus de repas rapides, de salades, de poisson, de cuisine asiatique — un terrain où un rouge tannique n'a rien à faire. Il fait plus chaud, et un rouge à 14,5 % un soir de juillet, personne n'en a envie. Et les bulles ont changé de statut : elles ne sont plus réservées aux anniversaires et aux départs à la retraite. On ouvre un crémant un mardi, sans raison. C'est exactement ce que dit le rapport quand il parle d'une boisson liée à une occasion.

On achète moins, mais mieux

Le prix moyen à l'importation monte alors même que les volumes baissent. C'est le signal le plus clair du rapport.

Un litre de vin français importé vaut en moyenne 12,88 francs. Un litre chilien, 2,93. La France ne représente que 24 % des volumes importés, mais 41 % de la valeur. L'Italie, elle, domine en volume (45 %) pour seulement 36 % de la valeur.

Même logique sur le rouge en bouteille : le litre moyen est passé à 10,90 francs, devant le mousseux (10 francs). Pendant ce temps, le rouge en vrac végète à 1,40 franc le litre.

Les Suisses achètent moins de bouteilles et mettent plus dans chacune. Le vin de tous les jours à trois francs perd du terrain. Le vin qui vaut le coup en gagne.

Ce que les régions boivent (et ce n'est pas ce que tu crois)

Le rapport publie la provenance des vins suisses consommés en 2025, en hectolitres. Ça donne une carte du goût national :

  • Vaud : 160'321 hl de blanc contre 67'585 hl de rouge. Le chasselas reste roi, largement.
  • Valais : 163'211 hl de rouge contre 127'739 hl de blanc. Le rouge domine.
  • Suisse alémanique : 80'486 hl de rouge contre 45'212 hl de blanc. Presque deux fois plus de rouge. Le Blauburgunder tient bon.
  • Trois-Lacs : 22'258 hl de rouge, 19'379 hl de blanc. Quasi à l'équilibre.

Autre chiffre qui mérite un coup d'œil : la production. Genève a fait +40,57 % en 2025, la Suisse alémanique +31,96 %, la région des Trois-Lacs +20,93 %. Pendant que Vaud recule de 3,89 %. Les cartes bougent.

Qu'est-ce que ça change pour toi, concrètement

Un marché qui se contracte, c'est un marché qui trie. Les vins moyens disparaissent en premier. Ce qui reste, c'est le très bon marché industriel d'un côté, et les vins qui ont une vraie raison d'exister de l'autre.

Ce qui veut dire que ta marge d'erreur se réduit. Tu ouvres 37 bouteilles par an. Si trois te déçoivent, ça fait presque 10 % de ton année de vin foutue en l'air.

Et c'est bien là le problème que personne dans la branche ne nomme. Ursula Beutler écrit que le secteur doit « placer le consommateur au centre ». D'accord. Sauf que la branche mesure des hectolitres, pas des goûts. Elle sait combien de litres sont sortis d'un entrepôt. Elle ne sait pas pourquoi tu as aimé ce blanc du Valais et détesté celui de ton voisin.

Les Suisses n'ont pas arrêté d'aimer le vin. Ils ont arrêté de savoir le choisir. Entre une étiquette jolie et une promesse en bouche incertaine, il y a un fossé — et c'est exactement le fossé qu'on comble chez Karafe : trois minutes de quiz, un profil de dégustateur, une sélection qui te correspond. Pas d'algorithme qui devine. Des humains qui goûtent — plus de 6'000 vins par an — et qui choisissent.


Questions fréquentes

Combien de vin consomme-t-on en Suisse en 2025 ?
211,2 millions de litres au total, soit 27,3 litres de vin tranquille par personne de 15 ans et plus — environ 37 bouteilles par an. C'est 3,3 % de moins qu'en 2024.

Quelle est la part du vin suisse sur le marché ?
37,5 % en 2025, en hausse de deux points. La consommation de vin suisse a atteint 79,2 millions de litres, en progression de 2,3 % malgré le recul du marché global.

Pourquoi la consommation de vin baisse-t-elle en Suisse ?
Trois facteurs : les habitudes alimentaires ont changé (repas rapides, moins de repas ritualisés), les tendances santé pèsent, et le vin est devenu une boisson d'occasion plutôt qu'un accompagnement quotidien. Le mouvement a commencé dans les années 1990 et s'est accéléré après la pandémie.

Quel type de vin progresse encore en Suisse ?
Le vin mousseux, seule catégorie en croissance de volume (+2 % en 2025, 30 millions de bouteilles importées). Le vin blanc en bouteille est stable et progresse de 13 % depuis 2015. Le vin rouge recule de 9 % sur un an et de 24 % sur dix ans.

D'où viennent les vins importés en Suisse ?
L'Italie, la France et l'Espagne couvrent 83 % des volumes et 87 % de la valeur. L'Italie mène en volume (45 %), la France en valeur (41 %) avec un prix moyen de 12,88 francs le litre.

Les Suisses dépensent-ils plus par bouteille ?
Oui. Le prix moyen à l'importation augmente dans plusieurs catégories malgré la baisse des volumes. Le rouge en bouteille est passé à 10,90 francs le litre en moyenne, devant le mousseux.

Source : Rapport annuel 2025-2026 de l'Association Suisse du Commerce des Vins (ASCV/VSW), données OFDF et OSMV.

Tu connais maintenant les chiffres du marché. Reste à savoir ce que toi, tu aimes vraiment. Trois minutes, et tu le sais.

Santé ! 

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